Une ressource marine renouvelable

  • Leur récolte est un élément essentiel de la saine gestion de l’écosystème marin.
  • Plusieurs espèces de poissons déclinent alors que la plupart des populations de phoques poursuivent une croissance démesurée et menacent la biodiversité marine.

Les populations de phoques expliquées par le biologiste M. Mike Hammill

POPULATION ABONDANTE

Depuis des décennies, les groupes écologistes affirment que la chasse au phoque n’est pas une activité durable. En fait, la population de phoque du Groenland est en santé et abondante. Dans la liste de l’UICN[1] le phoque du Groenland et le phoque gris sont classés comme « préoccupation mineure » (Species of least concern). Selon un relevé effectué en 2014, le troupeau de phoques du Groenland de l’Atlantique Nord-Ouest, qui compte maintenant environ 7,4 millions d’individus, a pratiquement quadruplé depuis les années 1970.[2] La population totale de phoques gris dans l’est du Canada a augmenté d’environ 13 000 animaux en 1960 à 505,000 animaux en 2014.[3]

Le Ministère des Pêches et Océans (MPO) fixe les quotas de manière à assurer la santé et l’abondance des troupeaux de phoques. Les phoques – et les phoques du Groenland et les phoques gris en particulier – sont loin d’être « en voie de disparition ».

DIMINUTION DES STOCKS DE POISSON

Les populations de phoques mangent près de 15 fois ce que toute la flotte de pêche maritime prend chaque année. Mathématiquement parlant, la gestion des stocks de poisson ne peut être atteinte que par le contrôle de la prédation humaine, mais la prédation des phoques, qu’en est-il ?

Les calculs de consommation de ressources marines par les phoques sont déjà effarants, mais lorsque l’on sait que sur de plus grosses proies (les morues génitrices, par exemple), les phoques ne mangent souvent que la panse, on peut se demander combien de poissons meurent par tonne de nourriture consommée.

Les phoques affectent négativement l’écosystème au moins de deux autres façons : en dérangeant les poissons en période de fraie et en les affaiblissant via le transfert de parasites intestinaux qui se retrouvent dans la chair du poisson.

FAITES LE CALCUL !

En 2014, le volume de la pêche commerciale au Canada atlantique était de 686,629 tonnes métriques.[4] La même année, la valeur de la pêche commerciale au Canada atlantique était de 2.38G$.[5] En 2012, une étude gouvernementale a démontré qu’un phoque gris adulte consomme entre 1.5 et 2 tonnes de poissons par an.[6] En supposant qu’une tonne de poisson vaut en moyenne 3,500$, il a été estimé que la population de phoque gris à elle seule consomme plus de 2G$ annuellement en valeur de poissons et fruits de mer du Canada atlantique.

En Octobre 2012, le Comité sénatorial permanent des pêches et océans a recommandé l’abattage de 70,000 phoques gris sur une période de quatre ans.[7] Depuis cette recommandation, seule une poignée de phoques gris ont été chassés, mais 150,000 se sont ajoutés.

ESPÈCES VALORISÉE PAR FOURCHETTE BLEUE

Le phoque du Groenland et le phoque gris font parties des 41 espèces marines valorisées par le programme de certification « Fourchette bleue » mis en place par Exploramer, pour une saine gestion des ressources marines. Ce programme encourage les restaurants et les poissonneries à offrir des saveurs méconnues du Saint-Laurent, dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité.[8]